
« Lætitia,
Si lorsque tu liras ces lignes tu as déjà ouvert ta librairie, retourne à la porte et ferme-la à clef. Glisse aussi une chaise sous la poignée, c’est plus sûr.
Ensuite, je prie le ciel pour qu’il te reste encore un exemplaire du dernier Thomas Pynchon que tu m’as vendu hier.
Tu te saisis dudit bouquin, tu te prépares un thé, tu te cales dans le canapé en cuir (celui du devant) et tu lis. Tu lis « contre-jour ».
Franchement, il n’y a rien de plus important, de plus urgent à faire que ça.
Car voici enfin UN LIVRE. Un bouquin qui tient la route, une histoire, mille histoires, des personnages, des vrais, des vivants, un style délicieux mais qui sait se faire oublier, et surtout du souffle… pour tenir 1200 pages (car quel intérêt qu’un roman soit bien s’il se termine tout de suite ?)
Un livre qui te fait oublier qui tu es, comment tu t’appelles, qui transforme tout ce qui t’entoure en un truc flou et inutile… Tu es juste LE lecteur DU livre et ça suffit à ton bonheur.
Bref, avant de te plonger dedans, commande immédiatement 200 exemplaires. Si besoin, pour faire de la place, renvoie les Gavalda et autres Millénium : place à Pynchon !
Il plaira à ceux qui aiment les romans historiques, à ceux qui aiment les montgolfières, à celles qui aiment le jardinage : à TOUT le monde.
Ceci est ma critique officielle de contre-jour de Thomas Pynchon… car ça ne tenait pas sur la toute petite carte bleue que tu m’as donnée où l’on a seulement la place d’écrire « c’est bien, lisez-le ! »…
Mais à la réflexion ça suffirait certainement. »
Christelle

